Vos yeux vous brûlent-ils dès que vous vous réveillez?

Si vos yeux sont sècs, rugueux, irrités, même douloureux au réveil, mais que cette sensation s'atténue progressivement au fil de la journée, la cause n'est peut-être ni le temps passé devant les écrans, ni des allergies, ni votre environnement de bureau. Le problème pourrait survenir pendant votre sommeil.

Cette condition s'appelle lagophtalmie nocturne et elle est beaucoup plus fréquente qu'on ne le pense.

 Dr C, optométriste doublement certifiée, attire l'attention sur une cause souvent négligée des symptômes persistants de sécheresse oculaire matinale. Son explication est claire et pratique, et mérite d'être visionnée si vous pensez que votre sécheresse oculaire s'aggrave au réveil. Vous pouvez visionner son analyse pédagogique complète sur la chaîne YouTube de Dr Courey. 

Explorons ensemble ce qu'est le lagophtalmie nocturne, pourquoi elle provoque une sécheresse oculaire matinale et ce qui contribue réellement à protéger vos yeux pendant la nuit.

Qu'est-ce que le lagophtalmie nocturne ?

Le lagophtalmie nocturne désigne une fermeture incomplète des paupières pendant le sommeil. Au lieu de se fermer complètement, les paupières restent légèrement ouvertes. Parfois, l'écart n'est que d'un millimètre. Dans de nombreux cas, ce phénomène est si discret que les personnes concernées n'en sont absolument pas conscientes.

Même si cela peut paraître inoffensif, une ouverture minimale des paupières peut avoir un impact significatif sur la surface oculaire.

Pendant le sommeil, les paupières fermées forment une barrière protectrice. Elles réduisent l'évaporation des larmes et contribuent au maintien d'un film lacrymal stable. Ce film est essentiel à la santé de la surface oculaire. Il est composé de couches lipidiques, aqueuses et mucineuses qui agissent ensemble pour lubrifier, entretenir et protéger la cornée (Craig et al., 2017). Lorsque les paupières ne se ferment pas complètement, ce système délicat est perturbé. Les larmes s'évaporent alors durant la nuit, laissant la surface cornéenne exposée et vulnérable.

Après plusieurs heures d'exposition répétée, cela peut entraîner une sécheresse, une inflammation et une irritation qui se font sentir dès le réveil.

Est-il fréquent de dormir les yeux légèrement ouverts ?

Des recherches suggèrent que jusqu'à 20 % des individus pourraient souffrir de lagophtalmie nocturne, à des degrés divers (Hwang et al., 2007). Cela signifie qu'environ une personne sur cinq pourrait dormir avec les paupières partiellement fermées.

Nombre de ces personnes présentent des symptômes classiques de sécheresse oculaire, mais ne réalisent pas que la cause profonde est une exposition nocturne plutôt qu'une fatigue des yeux pendant la journée.

Pourquoi la sécheresse oculaire matinale est un indice crucial

L'un des indices diagnostiques les plus importants dans la sécheresse oculaire est le facteur temps.

La sécheresse oculaire se caractérise par une instabilité du film lacrymal, une augmentation de l'osmolalité des larmes et une inflammation de la surface oculaire (Craig et al., 2017 ; Stapleton et al., 2017). Lorsque les yeux restent partiellement ouverts pendant le sommeil, l'évaporation des larmes se poursuit pendant des heures sans interruption. Contrairement à la journée, il n'y a pas de clignement des yeux pour redistribuer les larmes ni de lubrification consciente.

Il en résulte une perte d'humidité prolongée.

Si vos symptômes sont plus intenses au réveil, accompagnés de brûlures, de picotements, de rougeurs ou d'une vision floue qui s'améliore au fil de la journée, ce schéma suggère fortement une instabilité du film lacrymal nocturne. De nombreux patients signalent même une gêne avant d'ouvrir complètement les yeux le matin.

Il arrive parfois qu'un œil soit plus sensible que l'autre. Cela peut être lié à la position de sommeil ou à de subtiles différences anatomiques qui accentuent l'exposition d'un côté.

Pourquoi les larmes artificielles seules ne résolvent souvent pas le problème

Les larmes artificielles sont essentielles au traitement de la sécheresse oculaire. Cependant, la plupart des gouttes lubrifiantes classiques ne sont pas conçues pour une durée d'action de huit heures.

Si l’exposition des paupières entraîne une évaporation lacrymale continue durant la nuit, l’instillation de gouttes avant le coucher ne procure qu’un soulagement temporaire. L’instabilité du film lacrymal demeure le principal mécanisme à l’origine des symptômes (Craig et al., 2017), et une exposition nocturne prolongée peut amplifier les modifications inflammatoires au réveil (Stapleton et al., 2017).

Cela explique pourquoi tant de personnes ont l'impression de constamment réagir à la sécheresse plutôt que de la prévenir. Elles se réveillent avec une sensation d'inconfort, appliquent des gouttes, ressentent un soulagement temporaire, et recommencent le lendemain.

Pour les personnes atteintes de lagophtalmie nocturne, la prévention est bien plus efficace que la guérison matinale.

Pourquoi survient le lagophtalmie nocturne ?

Plusieurs facteurs peuvent être en cause. L'anatomie naturelle du visage peut influencer la fermeture des paupières. Le relâchement des paupières, plus fréquent avec l'âge, peut réduire leur capacité à se fermer complètement. Des interventions chirurgicales ou esthétiques antérieures, comme les injections de Botox près des paupières, peuvent également modifier le mécanisme de fermeture. Même votre position lorsque vous dormez a son rôle.

Le relâchement des paupières a été associé à une augmentation des taches sur la surface oculaire et des symptômes de sécheresse oculaire, renforçant le lien entre les facteurs mécaniques des paupières et l'instabilité lacrymale (Hwang et al., 2007).

Souvent, ceci se développe progressivement et les patients ne s'en rendent compte que lorsque la sécheresse matinale devient persistante.

Qu'est-ce qui soulage réellement la sécheresse oculaire matinale ? Il est important d'avoir une routine efficace qui vise à protéger la surface oculaire pendant le sommeil et à minimiser l'évaporation nocturne des larmes.

L'utilisation d'un gel ou d'une pommade lubrifiante plus épaisse pour la nuit permet une meilleure hydratation de la surface oculaire que les gouttes classiques. Des produits comme la pommade Systane , I-DEFENCE ou Ocunox créent une barrière protectrice et sont particulièrement efficaces pour soulager les symptômes de sécheresse oculaire modérée à sévère.

Optimiser son environnement de sommeil peut également faire une réelle différence. Un faible taux d'humidité augmente l'évaporation des larmes; l'utilisation d'un humidificateur de chevet peut donc contribuer à maintenir l'hydratation de la surface oculaire. L'humidificateur de Canopy est un excellent complément pour soulager la sécheresse oculaire, de jour comme de nuit. Par ailleurs, il est tout aussi important d'éviter les courants d'air directs provenant de ventilateurs ou du chauffage, car ils accélèrent l'évaporation (Craig et al., 2017).

Pour plusieurs patients chez qui on soupçonne un lagophtalmie nocturne, l’utilisation d’un masque d’humidité pendant la nuit est une des solutions les plus efficaces. Ces dispositifs créent un environnement fermé et humide autour des yeux, ce qui réduit considérablement l’évaporation des larmes et aide à stabiliser la surface oculaire. Des études cliniques appuient leur utilisation comme traitement complémentaire pour la sécheresse oculaire (Koroloff et al., 2014).

C’est là que le masque de sommeil hydratant BlinkJoy ou le masque EYESEALS peuvent jouer un rôle important. Conçus pour maintenir un environnement humide protecteur pendant le sommeil, ils aident à protéger la surface oculaire d’une exposition prolongée. Au lieu de se réveiller avec les yeux enflammés et irrités et de se précipiter sur les gouttes oculaires, la protection offerte par le masque agit à la source du problème pendant votre sommeil.

Pour les personnes souffrant de brûlures oculaires le matin, d'une sensation de grain de sable au réveil ou d'une sécheresse oculaire matinale persistante, cette approche préventive peut être transformatrice.

Quand devriez-vous consulter un professionnel de la santé oculaire ?

Bien qu'une légère sécheresse matinale puisse souvent être prise en charge par des méthodes non chirurgicales, certains symptômes nécessitent un examen médical. Une douleur persistante, une rougeur importante, une sensibilité à la lumière, une vision floue qui ne se résorbe pas ou des érosions cornéennes récurrentes ne doivent pas être négligées. Dans les cas plus graves, une exposition prolongée peut entraîner une kératopathie d'exposition et des lésions de la surface oculaire (Stapleton et al., 2017).

Un professionnel de la vue peut évaluer la fermeture des paupières, examiner le film lacrymal et déterminer si un lagophtalmie nocturne contribue à vos symptômes.

Réflexions finales

Si vos yeux vous font particulièrement mal au réveil, ce n'est pas un hasard.

Les symptômes de sécheresse oculaire ne sont pas toujours liés au temps passé devant les écrans ou à des facteurs environnementaux durant la journée. Chez de nombreuses personnes, le problème apparaît du jour au lendemain, insidieusement et de façon répétée.

Parfois, la partie la plus importante de votre plan de traitement de la sécheresse oculaire commence avant même que vous n'ouvriez les yeux.

Références

Craig, JP, Nichols, KK, Akpek, EK, Caffery, B., Dua, HS, Joo, CK, Liu, Z., Nelson, JD, Nichols, JJ, Tsubota, K., et Stapleton, F. (2017). Rapport de définition et de classification TFOS DEWS II. The Ocular Surface, 15 (3), 276 à 283. https://doi.org/10.1016/j.jtos.2017.05.008

Hwang, KY, Kim, JH et Kim, JH (2007). Prévalence du lagophtalmie nocturne et son association avec les maladies de la surface oculaire. Korean Journal of Ophthalmology, 21 (4), 209 à 213.

Koroloff, SA, Boots, RJ et Stapleton, F. (2014). Le rôle des lunettes à chambre humide dans la prise en charge de la sécheresse oculaire. Eye & Contact Lens, 40 (2), 71 à 76.

Stapleton, F., Alves, M., Bunya, VY, Jalbert, I., Lekhanont, K., Malet, F., Na, KS, Schaumberg, D., Uchino, M., Vehof, J., Viso, E., Vitale, S. et Jones, L. (2017). Rapport épidémiologique TFOS DEWS II. La surface oculaire, 15 (3), 334 à 365. https://doi.org/10.1016/j.jtos.2017.05.003

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